À l'occasion du parcours de l'équipe de France au Mondial 2026, j'ai été interviewé par Mylinh Deybach pour Écoutez l'info (flash du 9 juillet 2026), quelques heures avant le quart de finale France-Maroc. L'occasion de revenir sur une question qui dépasse largement le football : pourquoi le sport nous fait-il du bien, et à quelles conditions ?
Extrait, Écoutez l'info, 9 juillet 2026. Rediffusé avec autorisation. Durée 2 min 33.
Le corps qui bouge, une thérapie accessible à tous
Le sport agit sur notre équilibre psychique à trois niveaux. Le premier est physiologique : l'activité physique régule directement le stress et l'anxiété, et ses effets sur l'humeur sont solidement documentés. Le deuxième est psychologique : progresser, même modestement, restaure le sentiment d'avoir prise sur sa vie, précisément ce qui fait défaut quand on traverse une période difficile. Le troisième est relationnel : un club, une équipe, un groupe de course à pied constituent des antidotes puissants à l'isolement.
En consultation, je le formule parfois ainsi : bouger son corps, c'est souvent la première psychothérapie accessible.
Regarder les Bleus, est-ce bon pour le moral ?
Oui, mais pas pour les raisons qu'on croit. Soyons honnêtes : sur le canapé, il n'y a pas d'endorphines. Regarder un match ne remplace pas une séance de sport. En revanche, une Coupe du monde produit quelque chose de rare dans nos vies : un « nous ». Des millions de personnes qui vibrent ensemble, s'autorisent à crier, à s'enlacer avec des inconnus. Cette émotion collective partagée est précieuse dans une société où beaucoup se sentent seuls.
De spectateur à acteur : l'effet tremplin
La vraie opportunité psychologique d'un Mondial est ailleurs : dans ce moment où l'envie monte. Après chaque grande compétition, les inscriptions dans les clubs sportifs augmentent sensiblement. Mon conseil est simple : profitez de cette énergie collective pour passer de spectateur à acteur. Rejouer au foot entre amis, reprendre la course, s'inscrire quelque part. C'est ce passage-là qui soigne.
Et nul besoin d'intensité : trente minutes de marche rapide, trois fois par semaine, produisent déjà des effets mesurables sur l'anxiété et l'humeur. Le meilleur sport reste celui qu'on pratique vraiment. La régularité bat l'intensité.
Le sport complète, il ne remplace pas
Une dernière nuance, essentielle : pour un mal-être passager, bouger suffit souvent. Mais si la souffrance dure ou s'aggrave, l'activité physique seule ne suffira pas, et consulter n'est pas un échec, c'est du bon sens.
Mathieu Auriol est psychologue clinicien et psychothérapeute à Nice. Retrouvez ses autres interventions médias sur la page presse.
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